Dans 11 jours, 14 000 coureurs prendront le départ depuis la Promenade du Peyrou. Marathon, semi-marathon, 10K, 5K — le Montpellier Run Festival 2026, les 18 et 19 avril, est l’un des plus grands rassemblements sportifs de l’Hérault. Et pourtant, chaque année, une partie d’entre eux se présentera sur la ligne de départ avec une douleur ignorée depuis des semaines — ou repartira de l’arrivée avec une blessure qui aurait pu être évitée ou mieux gérée.
En tant qu’ostéopathe D.O. spécialisé dans le sport à Montpellier, je reçois chaque printemps des coureurs en urgence dans les jours qui précèdent leur course. La question la plus fréquente ? « Je peux quand même courir ? » La bonne nouvelle, c’est que dans la majorité des cas, la réponse est oui — à condition de prendre les bonnes décisions dans les bons délais. Cet article est là pour vous aider à les identifier.
Pourquoi la dernière semaine avant le marathon est la plus dangereuse
C’est contre-intuitif, mais c’est réel : les deux dernières semaines avant un marathon concentrent un nombre élevé de blessures — non pas à cause des entraînements, mais à cause du relâchement de la vigilance.
Après des mois de préparation, le corps entre dans une phase de « tapering » (réduction du volume). Les structures musculaires et tendineuses, habituées à une charge élevée, se retrouvent sous-sollicitées. Paradoxalement, c’est souvent là que les tensions jusqu’alors compensées remontent à la surface : une raideur à la hanche qui s’ignore depuis des semaines devient une douleur au genou dès le premier kilomètre de course.
Autre piège classique : la gêne que l’on « teste » en faisant une séance de trop la semaine précédente. L’étude McGrath (2024) révèle qu’un coureur sur deux se blesse pendant la préparation d’un marathon — et que la cause n°1 est une augmentation trop rapide ou mal gérée de la charge d’entraînement.
Ce que votre corps a accumulé sans vous le dire
La course à pied génère, à chaque foulée, des forces d’impact représentant 2 à 3 fois le poids du corps. Sur une préparation de 12 semaines à 50 km/semaine, votre tendon d’Achille, vos fessiers, votre bandelette ilio-tibiale et vos articulations sacro-iliaques ont encaissé des milliers de répétitions. Le rôle de la séance ostéopathique pré-course n’est pas de « tout réparer » en urgence, mais d’identifier les zones de tension qui risquent de déclencher une compensation douloureuse sur 42 km.
Les 3 blessures les plus fréquentes chez les coureurs du Montpellier Run Festival
1. Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale (syndrome de l’essuie-glace)
C’est la deuxième blessure la plus fréquente chez les coureurs, représentant 10 à 14% de toutes les blessures liées à la course à pied. Elle se manifeste par une douleur vive à la face externe du genou, généralement entre le 20e et le 30e kilomètre — au pire moment sur un marathon.
Contrairement à ce qu’on entend souvent, ce n’est pas une blessure de « frottement » causée par le glissement du tendon. Les recherches récentes montrent qu’il s’agit d’une blessure par compression : le tissu adipeux richement innervé entre la bandelette et le condyle fémoral latéral est comprimé lorsque le genou fléchit à plus de 30°, ce qui correspond exactement à la phase d’appui lors de la course. Résultat : étirer la bandelette (rouleaux de massage, étirements forcés) n’est pas seulement inefficace — c’est contre-productif sur une structure déjà irritée.
Ce que fait l’ostéopathe : évaluation de la mobilité de hanche et de la mécanique de course, travail sur les chaînes fasciales latérales, contrôle moteur des muscles stabilisateurs de hanche (fessiers, moyen fessier), et conseil sur la gestion de charge dans les derniers jours.
2. La tendinopathie d’Achille
Le tendon d’Achille revient systématiquement parmi les atteintes les plus fréquentes chez les marathoniens. Il se signale souvent par une raideur matinale au-dessus du talon, une douleur qui « chauffe » en début de séance puis disparaît — signal trompeur qui pousse beaucoup de coureurs à continuer à s’entraîner normalement.
La raideur matinale du tendon d’Achille est un signe que la charge tissulaire dépasse la capacité d’adaptation locale. Ce n’est pas une urgence absolue — mais c’est un signal à prendre en compte dans les derniers jours de préparation pour ajuster l’intensité des dernières sorties et sécuriser la course.
3. Les douleurs sacro-iliaques et lombaires post-course longue
Moins connues mais très présentes après les sorties longues de préparation, les douleurs sacro-iliaques apparaissent souvent sous forme de douleur diffuse en bas du dos d’un seul côté, parfois irradiant vers la fesse. Elles résultent des micro-tassements vertébraux et des déséquilibres pelviens liés aux milliers d’impacts accumulés.
Chez le coureur qui a enchaîné plusieurs semaines de préparation à fort volume — notamment autour des parcours du Run Festival qui traversent des zones comme le Parc Marianne, Grammont et l’Avenue Foch avec leurs changements de revêtement — ces tensions pelviennes peuvent altérer l’équilibre de la foulée et augmenter le risque de compensation aux membres inférieurs.
Que faire concrètement dans les 10 jours avant votre course ?
Solution 1 : Faites une séance ostéopathique de bilan avant le 18 avril
Une séance ostéopathique réalisée 5 à 7 jours avant votre course permet de :
- Identifier les zones de tension ou de restriction de mobilité qui pourraient devenir symptomatiques sous charge prolongée
- Travailler sur la mobilité des articulations de la cheville, du genou, de la hanche et du rachis lombaire
- Évaluer les déséquilibres de chaînes myofasciales (souvent asymétriques chez le coureur unilatéralement chargé)
- Vous donner 2 à 3 conseils personnalisés pour les derniers jours (activation musculaire, gestion de l’hydratation, échauffement le jour J)
La règle générale est de se remettre en mouvement de manière progressive après la séance afin de conserver les bénéfices de la séances sans trop en faire non plus, pour laisser le corps intégrer les ajustements tissulaires.
📍 Cabinet KORE — Thomas Ollier, ostéopathe D.O. — 78 Boulevard de Strasbourg, Montpellier (accessible en tram, quartier centre). Il reste quelques créneaux cette semaine. Prenez RDV via Doctolib ou appelez directement au 0611486117.
Solution 2 : Les 3 exercices à faire maintenant (et à continuer jusqu’à la course)
Ces exercices ne sont pas « des étirements magiques ». Ils ont pour objectif d’activer les structures stabilisatrices qui absorberont les impacts sur 10, 21 ou 42 km.
Exercice 1 — Activation des fessiers en appui monopodal (Hip Hinge unilatéral)
Debout, penchez le tronc en avant en soulevant une jambe vers l’arrière (comme une « balance »), genou légèrement fléchi côté appui. Maintenez 3 secondes, revenez lentement. 3 séries × 10 répétitions par côté. Objectif : activer le grand et moyen fessier, stabilisateurs primaires de la hanche en course.
Exercice 2 — Isométrie du tendon d’Achille (calf raise lent excentrique)
Sur une marche ou une surface plane, montez lentement sur la pointe des pieds (1 secondes), redescendez encore plus lentement (5-6 secondes). 3 séries × 15 répétitions. Pas de douleur aiguë — si c’est le cas, consultez avant de continuer. Objectif : stimuler la tolérance à la charge du tendon d’Achille sans générer de surcharge.
Exercice 3 — Mobilité thoracique en rotation
Assis au sol, genoux fléchis, mains derrière la tête : faites des rotations lentes du tronc vers la droite puis la gauche, en gardant le bassin stable. 10 rotations de chaque côté, matin et soir. Objectif : libérer la mobilité thoracique pour décharger le rachis lombaire et améliorer l’efficacité de la foulée via une meilleure amplitude des bras.
Solution 3 : Planifiez votre récupération POST-course maintenant
La récupération commence avant le départ. Trop de coureurs terminent leur marathon le 19 avril et attendent 3 à 4 semaines avant de consulter, alors que les premières 48 à 72 heures post-course sont décisives.
Ce que l’ostéopathie apporte après un marathon :
- Lever les dysfonctions de mobilité articulaire générées par les micro-tassements vertébraux et les impacts répétés
- Améliorer la circulation lymphatique et vasculaire pour accélérer l’élimination des déchets métaboliques
- Identifier les compensations asymétriques installées pendant la course avant qu’elles ne se chronicisent
- Réduire les délais de reprise en évitant que les tensions résiduelles deviennent des blessures dans les semaines post-course
Timing recommandé : une séance entre J+3 et J+7 après le marathon, une fois la phase inflammatoire aiguë passée et que vous pouvez marcher sans douleur significative.
Ce qu’apporte l’ostéopathie du sport, concrètement — au-delà de « faire craquer »
Il y a encore une image tenace de l’ostéopathe qui « manipule » les vertèbres. C’est une partie de l’outillage — pas la totalité. En ostéopathie du sport, le travail intègre :
- Les tissus mous : muscles, fascias, tendons — relâchement des zones de tension excessive par des techniques de mobilisation douce, inhibition neuromusculaire, travail des chaînes myofasciales
- Le contrôle moteur : identifier les déficits de coordination entre stabilisateurs primaires (fessiers, transverse abdominal) et mobilisateurs (quadriceps, ischio-jambiers) qui génèrent des surcharges locales
- La mobilité articulaire fonctionnelle : pas seulement l’amplitude articulaire brute, mais la qualité du mouvement sous charge — essentielle pour un coureur
La séance type dure 45 à 60 minutes. Elle commence par un bilan postural et fonctionnel (appui monopodal, mobilité des hanches et des chevilles, test de course si possible), suivi d’un traitement manuel, et se termine par des conseils personnalisés adaptés à vos contraintes de préparation.
Questions fréquentes des coureurs montpelliérains
Est-ce que je peux consulter ostéopathe si j’ai une blessure en cours ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La séance est adaptée à votre état. La question n’est pas « est-ce que je peux courir ? » mais « comment je gère cette blessure intelligemment pour ne pas l’aggraver ? ». Un avis professionnel avant de prendre cette décision vaut toujours mieux qu’une tentative solitaire la veille de la course.
Combien de séances avant une course importante ?
Pour un coureur qui prépare son premier marathon ou un semi : une séance suffit généralement si elle est faite dans les bons délais (5 à 10 jours avant). Pour un coureur avec un historique de blessures ou une préparation difficile, deux séances espacées de 2 à 3 semaines sont plus pertinentes.
L’ostéopathie remplace-t-elle la kinésithérapie ?
Non. Ces deux professions sont complémentaires. La kinésithérapie (notamment pour la rééducation post-blessure, le renforcement ciblé) et l’ostéopathie (bilan global, traitement des tensions et restrictions de mobilité, optimisation de la mécanique de mouvement) fonctionnent très bien ensemble. Au cabinet KORE, le travail se fait en lien avec le réseau pluridisciplinaire du pôle de santé.
Je cours le 10K ou le 5K, ça vaut quand même le coup ?
Absolument. Le risque de blessure n’est pas proportionnel à la distance — il est proportionnel au delta entre votre niveau d’entraînement habituel et l’effort fourni le jour J. Un coureur occasionnel qui court son premier 10K le 19 avril peut bénéficier autant qu’un marathonien chevronné d’une évaluation préalable.
{ « @context »: « https://schema.org », « @type »: « FAQPage », « mainEntity »: [ { « @type »: « Question », « name »: « Est-ce que je peux consulter un ostéopathe si j’ai une blessure en cours ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Oui, dans la grande majorité des cas. La séance est adaptée à votre état. La question n’est pas \ »est-ce que je peux courir ?\ » mais \ »comment je gère cette blessure intelligemment pour ne pas l’aggraver ?\ ». Un avis professionnel avant de prendre cette décision vaut toujours mieux qu’une tentative solitaire la veille de la course. » } }, { « @type »: « Question », « name »: « Combien de séances avant une course importante ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Pour un coureur qui prépare son premier marathon ou un semi : une séance suffit généralement si elle est faite dans les bons délais (5 à 10 jours avant). Pour un coureur avec un historique de blessures ou une préparation difficile, deux séances espacées de 2 à 3 semaines sont plus pertinentes. » } }, { « @type »: « Question », « name »: « L’ostéopathie remplace-t-elle la kinésithérapie ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Non. Ces deux professions sont complémentaires. La kinésithérapie (notamment pour la rééducation post-blessure, le renforcement ciblé) et l’ostéopathie (bilan global, traitement des tensions et restrictions de mobilité, optimisation de la mécanique de mouvement) fonctionnent très bien ensemble. Au cabinet KORE, le travail se fait en lien avec le réseau pluridisciplinaire du pôle de santé. » } }, { « @type »: « Question », « name »: « Je cours le 10K ou le 5K, ça vaut quand même le coup ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Absolument. Le risque de blessure n’est pas proportionnel à la distance — il est proportionnel au delta entre votre niveau d’entraînement habituel et l’effort fourni le jour J. Un coureur occasionnel qui court son premier 10K le 19 avril peut bénéficier autant qu’un marathonien chevronné d’une évaluation préalable. » } } ] }
